20.12.2008

Notre position sur le travail du dimanche

Il y a eu du chahut dans le camping à l' assemblée pour le projet de loi sur le travail le dimanche.

Du coup, report au mois de janvier "quand les esprits seront calmés".

Cet item se résume souvent "pour ou contre".

On ne peut pas résoudre ce problème par, un pour ou contre.

D'une part, parce que déjà 7 millions d'actifs travaillent le dimanche.

D'autre part, en fonction de qui va pouvoir ouvrir le dimanche, des dommages collatéraux viendront se greffer sur le commerce de proximité, la vie de famille etc...

Les sondages divergent sur le point de vue des Français.

En fait, cela vient de la façon de poser la question.

Si vous demandez "Souhaitez-vous l'ouverture des magasins le dimanche" vous obtiendrez une majorité de oui puisque le sondé ne se sent pas concerné.

Si vous demandez "Souhaitez vous travailler le dimanche en étant payé double", là aussi, en ces temps de crise et de fins de mois difficiles, c'est encore une majorité de oui.

Lorsqu'à la fin du mois vous êtes à découvert, vous cherchez le moyen de le renflouer.

Si vous posez la même question en enlevant "payé double" là vous obtenez une majorité de non.

C' est donc bien un souci de pouvoir d'achat qui ferait qu'une personne prendrait cette option de travailler le dimanche.

J'ai rencontré à "la croix blanche" un employé de magasin qui a été embauché il y a 3 mois suite à la fermeture de l'agence immobilière où il travaillait avant.

Sa réponse a été clair : "lorsque j'ai postulé ici on m' a dit d'entrée", "ici nous sommes ouvert le dimanche cela vous convient-il?"

"J"avais donc le choix entre le chômage ou le travail du dimanche".

Cela démontre que le choix de travailler le dimanche n' est pas forcément choisi comme le dit le gouvernement.

C'est plus le choix entre, "soit tu prends le boulot soit tu dégages" !

Pourtant, en discutant avec un employé de Leroy Merlin (étudiant),
Celui-ci m'expliquait que s'il ne peut plus bosser chez Leroy le Dimanche, il ne peut plus payer ses études.

Donc, quelque soit la façon de légiférer, personne n'obtiendrait le résultat idéal.

Pour qu'il y ait une véritable différence entre le travail le "dimanche" et la semaine, il faut impérativement que ce soit payé double, que cela ne rentre pas en heures supplémentaires, et modifier certaines conventions collectives du commerce qui prévoient un travail le dimanche rémunéré comme une journée normale.

Deuxièmement, seuls les services vitaux (services à la personne) et les services de bouches (restaurants) doivent être concernés.

On peut rajouter les zones touristiques pour les commerces, mais pour le reste, il y a déjà assez de dérogations pour que l'on puisse trouver des centres commerciaux ouverts le dimanche.

Car si on autorise de façon plus large le travail le dimanche, on généralise aussi la fin de la vie de famille et le repos hebdomadaire.

La preuve!!! Une proposition d'ouverture de crèches ou de structures d'accueil des enfants pour ceux qui travaillent le dimanche est sortie des cartons.

Cela veut tout dire.

Demain il faudra des employés à la crèche, pourquoi pas ouvrir des centres de loisirs ?

Et le match de foot ou du basket du gamin dans tout cela ?

Aux calendes grecques ?

Et la vie de couple ? Coupée en deux!

Enfin pour livrer et fournir toutes les structures qui ouvrent le dimanche, il va bien falloir les livrer.
Donc les entreprises de transports et les chauffeurs routiers seront obligés de travailler.

De même que la secrétaire qui doit émettre les bons de livraisons et un service standard qui doit pouvoir répondre aux clients qui sont ouverts et qu'ils livrent.

Pourquoi pas en plein rush saisonnier ouvrir l'usine.

Et voilà que la boucle sera bouclée comme pour les retraites si vous avez lu l'article précédent.
Peu à peu, on grignote pour que les retraites soient à 70 ans.

Si le but est de déshumaniser la vie des gens en les gavant de travail avec une flexibilité hors-pair, que restera-t-il comme temps pour se cultiver, se rencontrer s'il n'y a plus une journée référence pour cela.

On crie dans les médias que c'est pour relancer la consommation et l'économie.

Sur l' étude que nous venons de réaliser sur la circonscription, nous nous apercevons de deux choses depuis début décembre, période où tout est ouvert 7jours/7.

1 Les petits commerces locaux perdent 30% de chiffre le dimanche au profit des centres commerciaux et grandes surfaces lorsqu'ils sont ouverts.

2 Le chiffre d'affaires des centres commerciaux est en retrait par rapport à l'année dernière.

3 Lorsque "Auchan" est ouvert le dimanche, il y a moins de fréquentation dans le magasin le Samedi.

4 Sur Villebon 2, ouvert les dimanches, toute l'année les vendeurs nous disent que cela se transforme plus en balade dominicale qu'en réel achat
En clair il rentre 300 clients dans le magasin, 30 achètent le dimanche, alors qu'ils seraient 80 à acheter le samedi !
La faute au pouvoir d'achat sans doute.

Si le but de cette dérégulation au final c'est de trouver un lieu de balade pour les "privilégiés" qui auront la chance de ne pas travailler le dimanche, nous sommes loin de relancer la consommation et l'économie par ce biais.

La loi doit donc comporter les deux points essentiels que nous avons cité plus haut sinon nous sommes contre ce projet.

Travailler le dimanche payé double et limité aux services à la personne, aux métiers actuellement en dérogation et rajouté les zones touristiques oui .

Pour l'instant le projet de loi n'en prend pas le chemin.

Mais il est clair qu'en ces temps où le chômage partiel fait son apparition ou que des plans de licenciements sont en vue un peu partout.
Il est légitime de se poser la question si le travail le dimanche est vraiment l'urgence.
Car l'urgence c'est d'innover pour remettre l'emploi en marche.
Par les TPE, les PME et les grosses entreprises.
Sans emploi, on ne se balade pas le dimanche dans les magasins.
Le risque, est qu'en se baladant "on craque" sur un article mais comme on ne peut plus le payer cash.....
On va vous proposer un crédit léger pour le financer.
Ce beau crédit révolving qui viendra vous finir et vous obligera à travailler le dimanche pour vous en sortir.

Et vous le travail le dimanche vous en pensez quoi?






Commentaires

Je suis au P.C et je partage votre point de vue sur le massacre de la vie de famille que risque d' engendrer le travail du dimanche.
Pour nous c' est non non et non.
J'avoue être surpris par votre analyse alors que vous etes au MoDem que je croyais plus à droite.
Si vous le souhaitez,je souhaiterai vous rencontrer car j'habite prés de Villebon sur Yvette pour que nous puissions débattre de plusieurs sujets.
Je vous envoi mes coordonnées par mail.

Ecrit par : Eugene | 20.12.2008

Je suis en phase (Modem aussi).
Le projet de travail dominical n'est pour moi qu'un plâtre de plus visant à tenter de faire augmenter la consommation. Comme la part du budget moyen des ménages mis dans la consommation ne peut augmenter, cette mesure ne permettra que de dégrader les conditions de travail (forcer les employés à tout accepter) et accessoirement faire passer l'idée qu'on ne vit que par la consommation....

Le probleme du travail et de la consommation n'est pas pris par le bon bout dans cette mesure car il est pris par l'angle conservateur (préservons ce qui a marché depuis le debut du siecle dernier : l'augmentation de la conso)

Nous sommes maintenant en phase de stagnation de la conso et nous savons qu'à long terme il sera nécessaire de la baisser ( du fait des problématiques environnementales et de préservation de notre espèce).
En ajoutant à cela l'augmentation de la productivité individuelle moyenne (plutot souhaitable en soit pour rester concurrentiel) et l'augmentation de la durée du travail, le probleme risque fort de devenir insoluble pour tout une partie de la population.

Juste en remarque : le discours entendu du gouvernement sur le sujet me semble plus dogmatique qu'autre chose.

Ecrit par : bruno | 20.12.2008

Liberté,que de crimes on commet en ton nom...
Voici l'exemple type d'une mesure décidée sur une base idéologique, et à laquelle on essaie a posteriori de donner un contenu économique. Or quelques constats suffisent à voir tout l'ineptie d'une telle mesure
- le pouvoir d'achat qui n'existe pas ou plus la semaine n'apparaîtra pas par magie le dimanche : cela ne fera que déplacer le chiffre d'affaires du samedi au dimanche
-j'ai souvenir que nos voisins allemands, peu arriérés économiquement, baissent le rideau très tôt en semaine et n'ouvrent qu'épisodiquement le samedi (lors du "lange Samstag") et pourtant on n'a pas entendu dire qu'économiquement ils étaient en retard par rapport à nous (mais peut-être ma mémoire me trompe-t-elle)
- l'ouverture des grandes surfaces alimentaires le dimanche va torpiller les commerces de proximité et les marchés de centre-ville. Or ceux-ci ne représentent pas que des emplois (plus qualifiés, mieux payés que ceux des GSA) mais également du LIEN SOCIAL (j'ose l'affirmer, préparant mon doctorat de sociologie sur ce thème)
- pour qui connaît la politique de gestion des ressources humaines des grandes surfaces alimentaires la notion de "volontariat" pour travailler le dimanche fait doucement rire. Quand le travail dominical sera devenu une norme, on verra le sort réservé aux majorations de salaires ou aux récupérations d'heures...

Ecrit par : Jean-Christophe Nominé | 21.12.2008

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