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29.09.2008
Christine Lagarde sur le surendettement des ménages : Des mesures trop faibles par rapport à nos propositions
Ce sujet nous l'avons abordé dans nos propositions (voir rubrique Ambition Essonne).
Souvent il est issu de plusieurs crédits revolving dont la facilité à souscrire et le taux environ 20% creusent l'endettement des ménages les plus faibles.
Ci-dessous de la parution de ce matin du Parisien.
Des mesures qui sont trop faibles.
Faut-il que nous envoyons un mail à Christine Lagarde pour lui insufluer de bonnes idées?
Vous préparez pour le premier semestre 2009 des mesures sur le crédit ?
Christine Lagarde. Des mesures pour renforcer les droits des consommateurs et développer le crédit responsable. Mais je veux aussi faciliter le rebond des personnes qui ont connu des difficultés de surendettement. Les gens restent trop longtemps inscrits dans le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) de la Banque de France : huit ans dans le cadre d’une faillite personnelle, dix ans dans le cadre d’un plan de remboursement.
Dans les deux cas, le délai sera ramené à cinq ans.
Ce fichier ne manque-t-il pas de transparence ?
Si. Il est aujourd’hui difficile de savoir si on est inscrit au FICP : il faut aller dans une succursale de la Banque de France pour le savoir. Je vais créer un droit d’accès à distance aux informations du FICP. J’ai demandé à la Banque de France de me faire des propositions d’ici la fin de l’année pour que chacun puisse avoir recours à un guichet de traitement des réclamations s’il conteste son inscription.
Comment aura-t-on accès à ces données ?
Je veux que l’on puisse demander les informations sur Internet ou par courrier. L’objectif est de savoir si on est fiché et si c’est le cas, jusque quand.
L’idée d’instaurer un fichier « positif » permettant aux banques d’être informées de tous les crédits de leurs clients est-elle toujours à l’ordre du jour ?
Nous avons regardé ce qui se faisait ailleurs, en Belgique notamment. Et bien entendu, sur ce point, l’avis des associations de consommateurs et des banques. Je suis arrivée à la conclusion qu’il ne fallait pas mettre en place de fichier « positif ». Cela reviendrait à ficher tous les Français pour tous leurs crédits alors même que la plupart n’ont pas de difficultés d’endettement. En revanche, on sait qu’il y a un décalage de six semaines entre le moment où une banque constate un incident de remboursement et le moment où une personne est inscrite au FICP de la Banque de France. Pendant ces six semaines, la situation de la personne concernée peut s’aggraver si les banques accordent de nouveaux crédits. Je souhaite que d’ici à 2010, les systèmes informatiques aient été modernisés afin que toutes ces données soient données en temps réel pour mieux prévenir le surendettement.
Qui financera ?
Les banques.
Cela risque de leur coûter cher. Voudront-elles payer ?
Il faudra les convaincre amicalement.
Le Parisien
Il n'y a pas que les entreprises qui font faillite. Cette petite mort, certains particuliers l’expérimentent aussi. Selon une enquête de la Banque de France que notre journal s’est procurée, près de 28 000 personnes ont bénéficié, l’an dernier, d’une « procédure de rétablissement personnel », soit un total de 87 800 propositions de mises en faillite depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, il y a quatre ans (lire ci-dessous).
Un chiffre qui pourrait d’ailleurs bien augmenter dans les prochaines semaines. Les conséquences de la crise financière et économique (hausse des taux d’intérêt, durcissement des conditions d’accès au crédit, augmentation du chômage…) risquent en effet d’être particulièrement douloureuses pour une catégorie de la population dont les conditions de vie sont pourtant déjà très précaires.
Infléchir la tendance avec de vraies mesures
Souvent exclus, faute de garanties suffisantes, du réseau bancaire traditionnel, les surendettés (712 000 personnes en juin contre 700 000 environ fin 2007) n’ont souvent pas d’autre solution que de se tourner vers les organismes de crédits à la consommation.
Le hic, c’est que compte tenu des taux d’intérêt prohibitifs qui sont appliqués, les impayés finissent vite par s’accumuler, rendant inévitable leur inscription au Fichier national des incidents de paiement.
Un fichage qui, telle une marque au fer rouge, peut les suivre à la trace pendant parfois dix ans. Ce délai, précisément, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, propose de le ramener à cinq ans, histoire d’apporter une bouffée d’oxygène à une population rendue encore, selon ses propres termes, « plus vulnérable par le contexte économique actuel » (lire page 3).
Reste à savoir si les mesures annoncées par la ministre seront véritablement de nature à diminuer le nombre de surendettés. Non, si l’on en croit le directeur de l’Observatoire national des inégalités selon qui seuls une « réduction du taux de l’usure » et un meilleur « encadrement de la publicité sur le crédit » pourraient vraiment infléchir la tendance.
Le Parisien
09:39 Publié dans au niveau national | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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